Temps Mort, Le Mans, France, 2022

Festival plein champ, Le Mans, France


Temps Mort

Comme toujours dans les œuvres de Blancbec, Temps mort intrique des références et descouches de lecture. D’abord, le peintre avec son drôle de nom d’oiseau actualise le genre du memento mori et reprend à son compte sa symbolique luxuriante, nous rappelant les vanités du « monde terrestre ». Plus précisément, il remastérise une nature morte de Philippe de Champaigne (1602-1674). Blancbec en conserve la composition laquelle organise sur un fond noir trois objets posés sur un même plan. Au centre : un crâne ; il est casqué à la manière d’un pilote de F1 des années 1960. Le sablier, signe du temps qui passe, prend la forme d’un circuit automobile en X ; on est au Mans où les mots « vingt-quatre heures » n’ont pas, en première lecture, le même sens qu’ailleurs. La fleur qui évoque la fragilité de la vie reste elle-même, ou presque : d’une tulipe chez Philippe de Champaigne, on passe à un tournesol qui sourit méchamment. « Je souhaite parler du temps qui passe, explique Blancbec, mais pour mettre en avant l’idée qu’on peut se donner le temps de vivre plutôt que chercher à aller plus vite que la musique. Davantage que ‘Memento mori’ qui signifie ‘Souviens-toi que tu vas mourir’, je dirais ‘Carpe Diem’, ‘Cueille le jour présent’.

Pierre Henrion

Photos: La Ville du Mans



Film: Jean-Louis Decoster

Musique: Thomas Richard


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